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Nicée I (concile) (325)

Craig A. Blaising
  • Craig A. Blaising
  • 21 Février 2025
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Premier concile œcuménique de l’histoire de l’Église, convoqué par l’empereur Constantin à Nicée en Bithynie (aujourd’hui Iznik en Turquie). Le principal objectif du concile était de tenter de contrer le schisme provoqué dans l’Église par l’arianisme. Le concile procéda de façon théologique et politique, par l’approbation quasi unanime d’une confession de foi théologique (le Symbole de Nicée), par les trois cents évêques représentant presque toutes les provinces orientales de l’Empire (où l’hérésie était tout particulièrement représentée) et par une représentation symbolique de l’Occident. Le credo ainsi produit fut le premier à pouvoir légalement prétendre à une autorité universelle, lorsqu’il fut diffusé dans tout l’Empire pour recevoir l’accord des Églises (en cas de désaccord, il fallait se préparer à l’excommunication et au bannissement impérial).

Le débat dont Nicée fut le point culminant était né d’une tension non résolue au sein de l’héritage théologique d’Origène à propos de la relation du Fils au Père. D’un côté, il y avait attribution de la divinité au Fils dans une relation avec le Père qualifiée de génération éternelle. D’un autre côté, il y avait clairement subordinatianisme. Le différend éclata à Alexandrie, autour de 318, lorsque Arius, presbytre populaire du district ecclésial de Baucalis, s’empara d’aspects tardifs de l’origénisme qu’il opposa à l’évêque Alexandre, qui préconisait l’ancienne façon de penser. Arius était un logicien compétent, qui accusa Alexandre (avec des motifs qui n’étaient pas seulement théologiques) de sabellianisme. Après un synode local au cours duquel son point de vue fut entendu et rejeté, Arius manifesta ses talents de vulgarisation littéraire et politique, qui lui valurent du soutien au-delà d’Alexandrie. Son point de vue théologique plaisait à l’aile gauche de l’origénisme, dont était Eusèbe, évêque respecté de Césarée. Son allié le plus proche et le plus utile fut son camarade d’étude de l’école de Lucien, Eusèbe, évêque de la résidence impériale de Nicomédie. Envoyé personnel de Constantin, Ossius de Cordoue, en 322, ne parvint pas à réconcilier les deux parties à Alexandrie, et l’empereur décida de convoquer un concile œcuménique.

L’enseignement de l’arianisme est bien documenté. Son idée centrale est la nature unique, incommunicable, indivisible et transcendante de l’être divin, que les ariens appellent Père. Construisant de façon logique sur cette définition du Père et faisant usage d’un certain langage biblique, les ariens firent valoir que si l’on voulait éviter l’erreur de Sabellius (ce que tout le monde souhaitait faire), alors il était inévitable de tirer certaines conclusions à propos du Fils. Il ne pouvait être de l’être ou de l’essence du Père (sinon cette essence serait divisible ou communicable ou, d’une manière ou d’une autre, non unique ou simple, ce qui serait impossible par définition). Le Fils n’existait donc que par la volonté du Père, comme c’est le cas de toutes les créatures. La description biblique de son engendrement impliquait une relation particulière entre le Père et la Parole ou le Fils, mais il ne pouvait s’agir d’une relation ontologique. « Engendré » était à comprendre au sens de « fait », de sorte que le Fils était une ktisma ou poièma, une créature. Étant engendré ou fait, il devait avoir eu un commencement, d’où la fameuse formule d’Arius : « il y a un temps où il n’était pas ». Puisqu’il n’avait pas été engendré de l’être du Père et qu’il avait été, selon les partisans d’Arius, le premier de la création de Dieu, alors il devait avoir été créé à partir de rien. N’étant pas de substance parfaite ou immuable, il devait être susceptible de changement moral. Et à cause de la transcendance extrême de Dieu, en fin de compte, le Fils n’avait pas de réelle connaissance du Père. L’attribution de theos au Christ dans l’Écriture était jugé purement fonctionnelle.

Le concile de Nicée s’ouvrit le 19 juin 325, sous la présidence d’Ossius de Cordoue et en présence de l’empereur. Malgré l’absence de minutes officielles, on peut reconstruire les grandes lignes des débats. Après une allocution d’ouverture de l’empereur, dans laquelle la nécessité de l’unité fut mise en avant, Eusèbe de Nicomédie, représentant du parti arien, proposa une formule de foi qui s’éloignait franchement des formules traditionnelles. La réprobation fut si forte que la plupart des membres du parti arien se distancièrent du document, qui fut déchiré sous les yeux des participants. Peu après, Eusèbe de Césarée, soucieux de ne pas ternir sa réputation, lut une longue déclaration de foi, qui comprenait ce qui était probablement à l’origine un credo baptismal de l’Église de Césarée. Eusèbe avait été provisoirement excommunié plus tôt dans l’année par un synode à Antioche parce qu’il avait refusé de signer une confession anti-arienne. L’empereur lui-même le déclara orthodoxe, lui suggérant seulement d’adopter le mot homoousios.

On a longtemps pensé que la confession d’Eusèbe avait été à la base du Symbole de Nicée, confession qui aurait été modifiée par le concile. Toutefois, il semble bien que tel ne fut pas le cas, la structure et le contenu du Symbole étant sensiblement différents du texte d’Eusèbe. Un symbole fut probablement proposé sous la direction d’Ossius, débattu (en particulier le terme homoousios), puis rédigé sous sa forme définitive qui fut soumise à la signature des évêques. Tous les présents (y compris Eusèbe de Nicomédie) signèrent, sauf deux qui furent ensuite exilés.

Il convient de noter que cette confession de foi n’est pas celle qui est parfois récitée dans les Églises aujourd’hui sous le nom de Symbole de Nicée. Bien que semblable à plusieurs égards, cette dernière (qui date en fait du concile de Constantinople) est nettement plus longue que la précédente et certaines des phrases clés de Nicée en sont absentes.

Le Symbole de Nicée est résolument anti-arien. Dès le début, l’unité de Dieu est affirmée. Mais le Fils est « vrai Dieu de vrai Dieu ». Le Fils y est dit « engendré », mais le Symbole ajoute « du Père » et précise « et non fait ». Il est positivement affirmé qu’il est « de la substance [ousia] du Père » et « consubstantiel [homoousios] au Père ». Plusieurs formules ariennes, y compris « il y a un temps où il n’était pas » ou l’affirmation que le Fils est une créature, ou qu’il a été créé à partir de rien, sont expressément condamnées. La divinité du Fils telle qu’elle est défendue à Nicée est donc ontologique, plutôt que simplement fonctionnelle. La seule chose qui est évoquée à propos de l’Esprit, cependant, est la foi en lui.

Entre autres accords obtenus à Nicée, on peut citer la date de la célébration de Pâques et une décision concernant le schisme mélitien en Égypte. Arius et ses partisans les plus résolus furent bannis, mais seulement pendant une courte période. Du côté de la majorité, se trouvait à Nicée le jeune Athanase, alors diacre, qui allait bientôt succéder à Alexandre comme évêque et poursuivre le combat contre une résurgence de l’arianisme en Orient. Toutefois, l’orthodoxie de Nicée finirait par l’emporter. Elle sera réaffirmée lors du concile de Constantinople en 381.

Cet extrait provient de l'ouvrage de référence dirigé par Walter E. Elwell et Daniel J. Treier, Le Grand dictionnaire de théologie (2021).

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